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Richard Cazenave

Membre honoraire du Parlement

mercredi 18 janvier 2012

France

La face cachée de la perte du triple A

Les explications et les commentaires consécutifs à la pertes du triple A français (et de 8 autres pays européens) sont légion, et parfois dépassés avant même que l'encre des articles ait fini de sécher. Les marchés en ont anticipé les conséquences, au point que même le débat sur le renflouement du Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) - lui aussi privé de son triple A - est en train de faire « pschittt », l'Allemagne « préférant cette dégradation du FESF plutôt que de le renflouer ».

Certes, il y a matière à discuter sur la stratégie des Européens qui, en divergeant sur les réponses financières à apporter à la crise de la dette, prêtent le flanc à la spéculation. Pour autant, ce n'est pas dans le court terme, largement commenté par les spécialistes de la finance, que ces questions doivent nous interpeller le plus. Le sujet de fond est d'une plus grande gravité car fait de tendances lourdes qui ne peuvent se corriger dans l'instant. La question centrale posée autour de cette agitation financière est en effet bel et bien celle-ci :

Comment deux pays (ou deux ensembles de pays) aux économies divergentes peuvent ils partager la même monnaie ?

Cette question appelle deux réponses possibles :

  • soit nous adoptons des stratégies convergentes et donc nous allons vers une intégration européenne politique et économique renforcée ;
  • soit nous décidons (ou nous subissons) l'éclatement de la zone euro...

Et c'est bien sur cette question, « quelle politique française pour quelles convergences européennes », que devrait porter le débat de l'élection présidentielle française, sauf à faire d'emblée le choix d'une sortie de l'euro (dont il serait intéressant de décliner toutes les conséquences...).

Pour comprendre les tenants et aboutissants de ce débat, arrêtons-nous un instant sur les performances économiques comparés de la France et de l'Allemagne pour les 10 dernières années.

  • Balances commerciales : depuis 2000, accélération de la croissance de l'excédent allemand et de la croissance du déficit français (voir ci-dessous).
  • Balances commerciales
  • Compétitivité : depuis 12 ans augmentation du coût horaire du travail de 40 % en France contre seulement 14,6 % en Allemagne (il y a 12 ans le coût horaire du travail en France était inférieur de 8 % à celui de l'Allemagne...).
  • Taux de marge des entreprises : il était identique il y a 20 ans (à 33 %). Le taux de marge allemand est aujourd'hui à plus de 40 %, celui des entreprises en France est le plus bas d'Europe.
  • Politiques publiques : elles ont favorisé en France le progrès du pouvoir d'achat et non les gains de productivité, conduisant à un affaiblissement de nos positions exportatrices et à la consommation de biens importés. Elles ont amplifiés au total les déficits publics et ceux de la balance des paiements.(voir ci-dessous)
  • Parités de pouvoir d'achat Balances des paiements
  • Exportations françaises : elles représentaient 55 % des exportations allemandes il y a 10 ans, 40 % aujourd’hui.
  • Solde des échanges de marchandises entre la France et l’Allemagne : il s’élève actuellement à 200 milliards d’euros (10 % du PIB). Les pertes de parts de marché concernent quasiment tous les produits et toutes les régions.
  • Valeur ajoutée créée par l’industrie implantée sur notre territoire : elle représentait 50 % de la valeur ajoutée créée sur le territoire allemand en 2000 ; aujourd'hui 40 % seulement.
  • Entreprises industrielles : de 2000 à 2007, par comparaison avec l’Allemagne, la France en a perdu environ 13 %.

Une rupture de stratégie au moment même où naissait l'Euro

La rupture dans les stratégies réciproque de la France et de l'Allemagne date précisément d'il y a 10 ans, lorsque les autorités allemandes ont pris conscience des contraintes et des dangers de la réunification. Il en a résulté une stratégie de compétitivité mise en oeuvre de façon méthodique et dans tous les secteurs de la vie collective : réforme du marché du travail, modération salariale, investissements d'avenir et de recherche, réduction des déficits publics.

À peu près au même moment, c'est-à-dire au moment même où l'Allemagne et la France faisaient ensemble l'Euro et où la Chine entrait dans l'OMC, la France choisissait une stratégie divergente en imposant brutalement par la loi une réduction forte et uniforme de la durée du travail, engendrant une hausse du coût horaire et des coûts unitaires de production, et réduisant à néant les marges de négociation sur le triptyque emploi-salaire-durée du travail.

Les leçons à tirer sont évidentes.

Il faut non seulement éviter d'agraver la situation, mais il est indispensable de surcroît de consacrer toute notre énergie et les maigres marges de manoeuvre dont nous disposons aujourd'hui, en plein coeur de la tourmente, à poser et à décliner dans la durée une stratégie de reconquête de notre compétitivité.

Outre les orientations dites macro-économiques, qui peuvent s'inspirer de ce que l'Allemagne a fait, la France doit faire face à un autre handicap structurel qui lui est propre : son économie est largement dominée par de grandes entreprises que leur dimension internationale a rendu « apatrides », et dont la contribution réelle à la croissance et à l'emploi dans notre pays va s'amenuisant, attirées qu'elles sont par les croissances à deux chiffres des pays émergents...

Les entreprises familiales, plus ancrées dans le territoire, y sont en trop petit nombre et de trop faible importance. Pourtant il est connu que les entreprises familiales préfèrent produire localement et exporter plutôt que s'implanter ailleurs. Elles y défendent davantage l'emploi.

En France, l'ISF, les problèmes de transmissions patrimoniales, la rigidité excessive de la réglementation du travail et un dialogue social encore insuffisant génèrent la réticence des entrepreneurs à faire grossir leurs entreprises.

En Allemagne cet ancrage dans le territoire d'entreprises familiales génère deux autres conséquences, d'ordre culturel mais aux résultats économiques bien concrets :

  • une très grande solidarité entre les entreprises de chaque Land, avec une relation client/fournisseurs différente et une plus grande fidélité, la réunion des forces - là où la France se caractérise par l' éparpillement et par des « patrons managers » qui ont financiarisé l'industrie ;
  • une alliance solide dans les Länder entre ces entreprises et les banques.

Bien que ce diagnostic ait été fait depuis longtemps, et bien que des efforts aient été réalisés autour des pôles de compétitivité par exemple, nous sommes encore bien loin du compte. C'est pourquoi, outre les orientations macro-économiques favorables à la compétitivité, nous avons besoin d'une véritable stratégie visant à faire naître, à développer et à conforter un tissu économique local et national autour d'un plus grand nombre d'entreprises familiales.

Tout ceci ne devrait-il pas et ne pourrait-il pas faire l'objet d'une mobilisation nationale ?


lundi 09 janvier 2012

Général

Pour la France et pour Grenoble, des solutions inspirées de vos réussites

Dans un billet du 14 juin 2011, Se rassembler pour agir, je disais déjà comment, « voyant les choses d'un autre point de vue, je [perçois] davantage les priorités et l'urgence de l'action. Et je ne me résous pas de voir ma ville passer à côté de son avenir, de même que je ne me résous pas de voir mon pays et l'Europe incapables de défendre ensemble un modèle de développement économique porteur d'espoir. »

J'appelais alors les forces politiques à se tourner vers des objectifs d'avenir et à s'extraire des querelles de personnes.

J'ai contribué sincèrement en 2010 et en 2011 à cette ambition, y compris à Grenoble. Le résultat est hélas affligeant.

Le débat national ne décolle pas des batailles de préaux où il semble se complaire et peine à faire surgir des propositions crédibles face à des menaces et des angoisses qui méritent d'autres attitudes.

Urgent hier, le besoin d'innover et de rassembler dans l'action publique est devenu aujourd'hui une exigence vitale.

C'est pourquoi j'ai décidé de reprendre l'initiative. Non pour créer une nouvelle chapelle, mais au contraire pour donner la possibilité à tous ceux qui veulent valoriser leur expérience au service d'une action publique efficace et non partisane de le faire et de contribuer ainsi très concrètement aux solutions nous permettant de rebondir.

C'est le but essentiel du club Agora : faire émerger dans la sphère publique des solutions puisées à la source d'expériences réussies ailleurs en France ou en Europe. Des expériences acquises par les membres du club dans leur parcours dans la société civile et dont ils veulent réussir la « transfusion » dans l'action publique.

Des solutions pour l'emploi d'abord. Offrant à nos salariés et nos entreprises un avenir économique, proposant des moyens de rebondir et de retrouver confiance.

Des solutions pour nos villes également. Elles souffrent de tous les symptômes de notre société et semblent en panne de remèdes, de plus en plus impuissantes face à des questions de plus en plus lancinantes.

Grenoble 2014, que j'ai créé avec un statut de parti politique, viendra prolonger localement les réflexions et les propositions issues de ces échanges. Là encore, peu importe l'histoire politique ou la filiation idéologique de chacun, le but étant précisément de sortir frontières idéologiques et de dépasser les clans pour servir l'intérêt général par l'efficacité et la crédibilité retrouvées de l'action publique.

On est loin d'avoir tout tenté ! La place pour des solutions innovantes est considérable. D'autres pays, d'autres villes ont su partiellement le faire alors même qu'ils disposaient souvent au départ de moins d'atouts que nous.

Voilà ce que je vous propose que nous fassions ensemble ; car si vous êtes comme moi, vous ne pouvez rester stoïques et cois, vous aurez envie d'agir et vous aurez raison !

Plus d'informations

Agora

Création du club AGORA

AGORA se propose de rassembler des personnalités issues du monde économique, financier, politique, syndical et administratif, qui sont toutes désireuses d'apporter leur expérience dans le débat public.

AGORA se veut un lieu d'échanges, de débats et de propositions pour tous ceux qui partagent son attente : apporter des réponses innovantes et opérationnelles aux défis multiples auxquels est aujourd'hui confrontée la société française, qui menacent son modèle social et ses principes démocratiques et républicains.

Parmi les principaux terrains où ces défis s'expriment avec une force voire une violence grandissante, deux chantiers prioritaires s'imposent avec évidence :

  • celui de l'entreprise, seule source de création de richesses et d'emplois durables.
    Sans entrepreneurs motivés, sans entreprises conquérantes, sans leurs aptitudes à l'innovation, leur ancrage dans nos territoires comme leur projection vers l'extérieur, pas de ressources ni de travail et l'accumulation de menaces sur notre protection sociale et notre niveau de vie.

    Comment interrompre la spirale et rebondir, gagner en compétitivité, garder nos savoir-faire et en conquérir de nouveaux, offrir des pistes d'avenir et un espoir à notre jeunesse ?
  • celui de nos villes, qui concentrent à leur échelle les tensions et les symptômes de la société tout entière :
    tout est aujourd'hui en question ; leurs fonctions majeures comme la pertinence de leur champ géographique, leur organisation et leur gestion comme leur financement, l'apparente contradiction entre activité et environnement, la relation de l'individu et des groupes sociaux à la cité...

Apporter des réponses concrètes suppose :

  • de s'affranchir de toute idéologie, de toute doctrine toute faite.
  • de respecter en toute circonstance le principe de réalité
  • de s'inspirer de façon très pragmatique des réussites observées par les participants au club AGORA.

AGORA c'est :

Associer des compétences
Générer des propositions
Organiser des échanges
Réagir et renouveler
Anticiper pour réussir

Pour participer à Agora il suffit de :

  • s'inscrire au Club (par courriel à agora (à) richardcazenave (point) com),
  • indiquer dans un bref CV les expériences acquises,
  • indiquer les thématiques choisies (parmi la liste proposée ci-dessous) et accepter d'apporter une contribution écrite, soit sous la forme d'une contribution initiale, soit en réaction ou complément à une réflexion initiée par un autre membre du club.

Thématiques en débat au Club AGORA

Entreprise et emploi

Les questions seront exclusivement centrées sur les PME, leur création, leur développement, leur pérennité... Pourquoi nos voisins allemands ou italiens réussissent-ils mieux que nous et pourquoi disposent-ils de PME plus innovantes, plus solides, plus grosses, plus exportatrices?

Pourquoi cette question en débat dans notre pays depuis de nombreuses années n'a-t-elle trouvée jusqu'ici aucune réponse satisfaisante ?

Ville et société

Les gestionnaires publics semblent en échec devant les problèmes de la ville d'aujourd'hui et les interrogations se multiplient :

  • Quelle taille, quel mode d'organisation, quelles missions pour la ville de demain ?
  • Comment retrouver des marges financières, des budgets d'investissements et une maîtrise de gestion tout en apportant les services attendus par la population ?
  • Liaisons inter-cités : modes, coûts et durée des déplacements internes, impact sur l'économie et l'environnement ?
  • Quel urbanisme, quelle mixité sociale, quelle mixité de fonctions dans la cité ?
  • Civisme, incivilités, insécurité : quelles réponses opérationnelles ?

Vie Locale

Création de Grenoble 2014

Pour les mêmes raisons qui m'ont poussé à créer le Club Agora, j'ai décidé de donner un support politique qui permettra de concrétiser localement les travaux et les réflexions menés au sein d'Agora.

Grenoble 2014 est une association déclarée en préfecture de l'Isère avec un statut de parti politique ; j'en assure la présidence.

Son objet est de favoriser le développement des idées humanistes et républicaines, libérales et sociales, à Grenoble et en Isère. Il est libre de toute affiliation idéologique, le but étant avant tout de trouver des solutions innovantes et efficaces aux grands problèmes auxquels notre métropole est confrontée.

Cette structure déclarée à la commission nationale des comptes de campagne et des partis politiques est habilitée à recevoir des dons et à délivrer des reçus permettant une déduction fiscale. Son mandataire financier est Monsieur Eric Dubelloy et un compte bancaire spécifique est ouvert pour recevoir les dons.

Les dons ne peuvent émaner que de personnes physiques ; ils sont plafonnés à 7 500 € par an et par donateur et donnent droit à une déduction fiscale égale à 66 % des sommes versées dans la limite de 20 % du revenu imposable. Concrètement, pour un don maximum de 7 500 € par an, 5 000 € sont déductibles de l'impôt à payer sur le revenu ; le don « coûte » donc 2 500 €. De la même manière, un don de 75 € « coûte » 25 € au donateur, 50 € étant déductibles de l'impôt sur le revenu à payer.

Si vous souhaitez participer à Grenoble 2014 ou faire un don, écrivez à grenoble2014 (à) richardcazenave (point) com.

dimanche 26 juin 2011

International

Afghanistan : 3 ans pour une prise de conscience qui aura coûté bien cher pour un résultat contreproductif.

Le Président Obama vient d'annoncer un changement de cap radical en Afghanistan, aussitôt suivi par une prise de position identique du Président français.

Le prétexte officiel est que, Oussama Ben Laden ayant été liquidé, la question du terrorisme ne se pose plus du tout comme avant !

Au-delà de la pirouette médiatique dont seront dupes ceux qui le voudront bien, c'est en fait l'échec total de la stratégie suivie jusqu'ici qui conduit aujourd'hui bien tardivement le Président Obama à ce revirement spectaculaire...

Aussi je ne peux résister, avec malheureusement beaucoup d'amertume, à rappeler le billet que j'avais publié il y a trois ans, lorsque la mode était d'envoyer plus de soldats dans les djebels d'Afghanistan - une stratégie qui, comme prévu, non seulement nous aura coûté cher en vies humaines, mais n'aura abouti au total qu'à renforcer culturellement, socialement et politiquement la position des Taliban dans la population afghane.

Lutter efficacement contre le terrorisme et œuvrer au renforcement en Afghanistan d'un pouvoir pro-occidental passait par une toute autre stratégie que celle consistant à devenir en quelque sorte, aux yeux des Afghans, une force d'occupation tentant d'imposer des valeurs aux antipodes de celles de la société afghane...

mardi 14 juin 2011

Général

Se rassembler pour agir

C'est avec tout le recul de ces quatre dernières années, consacrées à la vie économique, que je porte aujourd'hui mon regard sur la situation de notre ville et de notre pays. Un recul qui a pour effet de donner encore plus de relief aux aspérités de notre société et de mesurer dans toute son ampleur la perte de confiance dans l'action publique.

Une action publique dont, paradoxalement, le besoin n'a jamais été aussi fort qu'en ce temps où notre destin semble nous échapper et où les décisions qui affectent nos vies semblent surgir de nulle part...

Besoin d'action pour Grenoble, qui semble de plus en plus isolée sur la scène nationale et européenne. Marginalisée à droite, elle l'est également à gauche vis-à-vis du département et de la région. Une marginalisation ponctuée par une série impressionnante d'échecs et que la mise à l'écart de DSK, sur lequel Michel DESTOT avait fondé beaucoup d'espoirs, vient encore d'aggraver.

Besoin d'action pour notre pays, qui semble de plus en plus le jouet d'un ordre mondial décidé dans les salles de marché, où le profit financier de quelques-uns met en péril l'économie réelle de toute la planète et la solidité budgétaire des États.

À l'écart de la politique politicienne, la distance prise est cependant loin de se transformer en indifférence et ne me conduit pas à rompre définitivement avec l'engagement public.

Naguère c'est déjà avec beaucoup d'hésitation et après un parcours professionnel long que je me suis présenté pour la première fois devant les électeurs de Grenoble. Et je n'ai jamais été totalement digéré par le système politique vis-à-vis duquel j'ai toujours gardé ma liberté de parole et mon indépendance d'action.

Gaulliste avant tout, j'ai toujours su préserver au fond de moi ma capacité de refus, le désir et la force de dire NON.

J'en ai payé le prix à plusieurs reprises, y compris en 2007...

Aujourd'hui, c'est comme si, voyant les choses d'un autre point de vue, je percevais davantage les priorités et l'urgence de l'action. Et je ne me résous pas de voir ma ville passer à côté de son avenir, de même que je ne me résous pas de voir mon pays et l'Europe incapables de défendre ensemble un modèle de développement économique porteur d'espoir.

Dès lors, le combat politique s'impose plus que jamais !

L'engager au plan local suppose que la volonté des forces politiques soient tournée vers le même objectif d'avenir et non centrée sur de stériles querelles de personnes. C'est pourquoi, bien qu'étant personnellement libre depuis quatre ans de tout engagement partisan, j'ai pris il y a six mois des décisions de nature à recréer les conditions de l'union à l'UMP38.

Une UMP38 qui, avec Jean-Claude PEYRIN, promet de son côté de faire le choix de l'intelligence collective pour la désignation du candidat qui recevra son soutien, qu'il fasse ou non parti de ses rangs. Car il s'agit de rassembler toutes les forces vives : droite, centre, radicaux, écologistes responsables, mais aussi au delà tant et tant de nos concitoyens désireux d'être utiles mais désespérés par l'actuel paysage politique.

Alors pourra s'engager, sur des bases rénovées, et dans une démarche guidée par le seul impératif de l'intérêt général, la construction d'un nouveau projet pour Grenoble. Et l'espoir de contribuer, au plan national, à l'émergence d'un projet politique et économique capable de fédérer une nouvelle ambition européenne replaçant l'homme et l'économie entrepreneuriale au cœur du système.

vendredi 22 octobre 2010

France

Droit de cesser le travail ou droit de le paralyser ?

La réforme des retraites, que l'on devrait plutôt d'ailleurs appeler 3ème étape (après Balladur 1993 et Fillon 2005), avant la 4ème étape qui sera certainement nécessaire au cours du prochain quinquennat 2012-2017, aurait mérité qu'un vrai débat puisse avoir lieu sur la manière d'allonger la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein.

Après tout il aurait été intéressant de connaître les effets respectifs produits sur l'équilibre des caisses de retraite, d'un côté du recul de deux ans de l'âge légal et de l'âge limite (avec en atténuation les aménagements nécessaires pour les carrières longues et pour les femmes), et de l'autre d'un simple allongement de deux voire trois ans de la durée de cotisation requise.

Car au fond pour tous les gens sérieux, ce qui devrait théoriquement être le cas de tous ceux qui aspirent à exercer des responsabilités nationales, c'est là que se situent les choix à opérer ; la certitude étant que, la durée de cotisation représentant plus de 80% du volume de cotisations d'un système de retraite par répartition, il faudra de toute façon cotiser plus longtemps. Tout le reste n'est que mensonges, fadaises ou illusions.

Ce débat chiffré et argumenté n'aura pas eu lieu, les slogans à l'emporte-pièce et les caricatures ayant pris rapidement le devant de la scène, jusqu'aux lycéens qui auront pourtant presque 40 ans devant eux pour faire les adaptations qui leur paraîtraient les plus judicieuses le moment venu !

Grèves, manifestations, on finit malgré tout par se faire une raison, même si on se dit que ceux qui manifestent avait bien des occasions, la gauche en particulier, de réformer eux-mêmes. Ils n'en ont rien fait... Et, ce qu'une majorité fait aujourd'hui, une autre majorité élue démocratiquement peut tout aussi bien le défaire demain !

Alors pourquoi tant d'acharnement ? Et pourquoi tant d'impatience ? Après deux siècles de démocratie la France n'aurait-elle pas encore appris à respecter les échéances démocratiques ?



Mais là où la ligne jaune est vraiment franchie c'est lorsque, au-delà du droit de grève qui est parfaitement respectable, une poignée d'activistes s'arroge le droit de bloquer la vie économique et sociale et les approvisionnements d'un pays. Et là où l'insupportable est atteint c'est lorsque, ayant poussé dans la rue des jeunes qui n'ont rien a y faire sur ce sujet, on feint de s'étonner des débordements auxquels ces manifs donnent lieu sous l'emprise des casseurs.

Le moment est donc venu, au nom de la démocratie, de dire STOP !

Le droit de manifester n'est pas le droit de casser.
Le droit de cesser le travail n'est le droit de paralyser le travail des autres.
Les piquets de grève sont illégaux car le pendant du droit de grève pour les uns c'est la liberté du travail pour les autres.

Ces notions simples devraient être facilement entendues par ceux qui se posent en défenseurs des droits des salariés.

À moins que leurs objectifs réels ne soient ailleurs...?

jeudi 14 octobre 2010

Vie Locale

Élections internes de l'UMP38 du 23 octobre : Poursuivre les divisions ou tenter de se rassembler ?

logo UMPEn voie de réintégration (le 9 juillet dernier, le Comité Départemental s'est prononcé en faveur de ma réintégration à plus de 88%), je ne le suis toujours pas formellement à ce jour ; je ne suis donc a fortiori pas en mesure de participer au renouvellement des instances soumis au vote des adhérents le samedi 23 octobre prochain.

Néanmoins nombreux sont les adhérents de l'UMP38 - en particulier ceux de la première circonscription Grenoble / Meylan / Saint Ismier - qui sollicitent mon avis et me demandent de me positionner à l'occasion de cet échéance interne.

Ayant été le premier à souffrir des querelles, des divisions et des ambitions, qui nous ont fait perdre la première circonscription dans laquelle j'ai été sans discontinuer pendant 19 ans député, je suis sans doute également le mieux placé pour dire aujourd'hui « HALTE AU FEU ».

Ne reproduisons pas dans une nouvelle génération de postulants politiques les schémas destructeurs du passé.

J'ai donc fait savoir à tous ceux qui souhaitaient se présenter aux suffrages des adhérents le 23 octobre que je n'accepterai pas, que je sois réintégré ou non, une direction politique de l'UMP dans l'Isère ou dans la première circonscription, dont l'objectif essentiel serait de verrouiller le parti afin de s'assurer de sa propre investiture - ou de celle de ses proches - pour les prochaines échéances législatives, cantonales et municipales, et ce au mépris de l'intérêt de notre mouvement, et plus encore de l'intérêt général.

Or cet appel a reçu un écho.

Jean-Claude Peyrin, conseiller général de Meylan, connu pour son engagement passé auprès d'Alain Carignon, a pris l'engagement, si la liste qu'il présente aux élections internes l'emporte, de rompre avec cette pratique dévastatrice. Il s'est engagé à ce que l'UMP38, sous sa direction, s'attache à accorder son investiture pour les prochaines échéances non pas à ceux qui auraient verrouillé le vote des militants en leur faveur, mais plutôt à celles et ceux appartenant à notre famille politique - ou étant proche d'elle - qui auront les meilleures chances de gagner aux yeux de l'opinion publique.

Ce type d'engagement est de nature à nous permettre de nous rassembler, en fédérant les énergies de tous dans et hors le parti, car le score d'un candidat ayant pour argument essentiel son étiquette politique est, plus encore aujourd'hui qu'hier, voué à un échec cuisant (si je me tais depuis deux mois, c'est que j'aurais trop de choses désagréables à dire sur la politique nationale !).

D'aucuns me diront que les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent...

N'étant pas tout à fait le poussin de l'année, je connais cette maxime. C'est pourquoi j'ai averti : si cet engagement n'était pas scrupuleusement respecté je me considérerais alors de mon côté libre également de tout engagement, libre d'agir selon ma conscience et nombreux sont ceux qui savent ce que cela veut dire...

Mais au fond je crois réellement que la succession des mésaventures de ces dernières années génère aujourd'hui une prise de conscience et nourrit une volonté sincère de rassemblement, telle qu'elle m'a été exprimée par Jean-Claude Peyrin. Sa liste comporte d'ailleurs le précédent délégué de circonscription Henri Baile, mais aussi plusieurs de mes amis dont le président du groupe d'opposition municipal à Grenoble Matthieu Chamussy.

Alors, ce samedi 23 octobre doit être celui du rassemblement de notre parti, source d'une dynamique nouvelle pour tous ceux qui aujourd'hui ont à cœur, avant toute chose, de s'attacher au devenir de Grenoble et de l'Isère.

mardi 27 juillet 2010

France

Violences, banditisme: quel diagnostic, quelles solutions ?

Incendie de voitures

Grenoble se signale depuis déjà de nombreux mois à la rubrique des faits divers.

Certes la capitale des Alpes, pour des raisons géographiques et historiques, a fait parler d'elle régulièrement au chapitre « mafia »... Mais jusqu'à une période récente les batailles qui agitaient le milieu ne débordaient pas du cadre des règlements de compte entre clans.

La nouveauté est sur trois fronts :

  • celui d'un banditisme qui multiplie les attaques à main armée avec menaces voire usage d'armes lourdes contre les forces de l'ordre ou contre les malencontreux otages ou simples passants...
  • celui d'une banalisation de l'usage de la violence dans la ville, qui voit se développer les petits rackets comme les violences gratuites ; une altercation dans le tramway ou entre automobiliste peut se terminer par des conséquences graves, voire par la mort de simples citoyens ne devant qu'au hasard le sort qui leur est réservé.
  • en résonance avec les deux premiers, les réactions « ethnicistes » dans lesquelles le réflexe communautariste dans ses aspects les plus primaires, assorti de l'expression du rejet le plus extrême (« à bas la France ! »), est placé au-dessus de toute règle de droit, déconnecté de toute raison et de tout bon sens.
    À Grenoble 100 voitures brûlées, des tirs à balles réelles sur des policiers pour « venger » la mort d'un bandit multirécidiviste, plusieurs fois condamné pour attaque à mains armée, et tué alors qu'il tirait à l'arme lourde sur les policiers qui le poursuivaient après le braquage du casino d'Uriage !
    À Saint-Aignan une ville assiégée, gendarmerie mise à sac, feux de signalisation détruits à la hache, arbres tronçonnés et enflammés et trois voitures brûlées, parce qu'un membre de la communauté des gens du voyage, circulant sans permis, a été tué après avoir foncé sur les policiers pour forcer un barrage !

Cette situation appelle une réflexion et une action d'une tout autre ampleur que les piètres échanges politiciens auxquels nous avons assisté à Grenoble, se bornant d'un côté à accuser l'État (voire le maire précédent !), et de l'autre, à faire porter toute la responsabilité à l'équipe municipale en place !

Car il est probable que nous n'avons pas encore atteint le fond.

Enrichis et aguerris par les trafics en tous genres qui leur ont permis de gagner des échelons dans la pègre locale, ceux que pour ma part je n'appellerai pas « les jeunes » mais plutôt « les hooligans » ont non seulement instauré leurs propres règles, mais cultivent de surcroît une haine viscérale de nos valeurs communes.

La bataille ne sera pas gagnée par un coup de menton ou une charge de cavalerie et encore moins par des échanges polis autour d'un tapis vert !

C'est bel et bien tous les moyens de l'État et de la solidarité nationale qu'il faut désormais mobiliser dans la durée et sans états d'âme pour traquer dans toutes leurs formes de manifestation cette délinquance et ce banditisme nourris de haine anti-française.
Les groupements d'intervention régionaux, idée qu'avait lancé Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur, n'ont pas rempli jusqu'ici leur mission.

Il s'agit je le rappelle de mettre en place un véritable harcellement administratif en direction de cette pègre : douanes (importation illicite, contrefaçon), répression des fraudes (travailleurs clandestins), agent du fisc (comment fait-on pour rouler dans une voiture de 150 000€ en étant RMIste?), lutte contre le terrorisme (cache d'armes lourdes) et caetera, et caetera... Dieu sait si l'État fait preuve d'imagination pour emmouscailler la vie des bons citoyens lambda ! N'est-on pas capable aussi de préciser les règles qui devraient présider à l'attribution d'allocations dans le cadre de la solidarité nationale ? Par exemple qu'est-ce qu'un parent isolé ?

Avant tout, des devoirs

Il s'agit de revenir à une lecture pionnière de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen. Pour toutes les générations qui nous ont précédés, à commencer par les soldats de Valmy, cela a d'abord été pendant des siècles des devoirs à remplir au service de la Patrie et de cet idéal.

Comment en est-on arrivé à ce que notre système éducatif, et au-delà notre société toute entière, c'est-à-dire chacun de nous, tolère que des citoyens français, sortis à seize ans du système scolaire, n'aient strictement rien appris de ce pays où il leur a suffi de naître pour devenir français ? Comment en est-on arrivé à les laisser dans la rue sans leur imposer une formation quelconque ou sans les placer dans une filière spécialisée pour leur donner, le service national ayant été supprimé, les acquis fondamentaux que l'école n'a pas réussi à leur inculquer ?

Je ne fais là qu'ouvrir le champ des actions prioritaires qu'il nous faudra conduire.
Ceci n'est pas une guerre et le problème ne sera pas réglé par une action militaire. Mais c'est bel et bien une mobilisation de tout notre corps social, dans la durée et sans faiblesse, qu'il faut structurer sans tarder, en ayant conscience que le pire est encore à venir.

Tout délai dans la prise de conscience de l'ampleur du mal et des remèdes à lui apporter sera la cause de souffrances et d'excès encore plus grands pour l'avenir.


samedi 22 mai 2010

France

Comptes publics - comptes sociaux : le PS est-il encore un parti de gouvernement ?

À voir les premières escarmouches autour des solutions à apporter aux gravissimes déficits qu'atteignent tant les comptes du budget de l'État que les comptes sociaux (Sécurité sociale et retraites) on est en droit de se demander si le parti socialiste ne s'est pas mépris totalement sur le message des urnes à l'occasion des élections régionales.

Oui, l'UMP a subit un revers électoral sans précédent dans l'histoire de la Vème République, et je n'ai pas été parmi les plus tendres pour en donner les explications. Mais cela autorise-t-il le PS à faire l'économie d'une démarche de responsabilité dans les difficultés majeures que notre pays doit affronter ? Je ne le crois pas et je pense qu'une majorité de Français ne peut être que consternée par ses prises de position récentes.

Budget de l'État

À la fin 2009 le déficit public annuel avec 143,8 milliards d'euros a atteint les 7,5 % du PIB et dépassera 8,2% en projection pour 2010.

Rappelons-nous : la relance décrétée en 2008 et 2009 pour faire face à la crise économique par le gouvernement était jugée par le PS très insuffisante, et le grand emprunt (que j'ai trouvé pour ma part anachronique) beaucoup trop modeste !

Quelles solutions proposent-ils aujourd'hui ? supprimer le bouclier fiscal ? Même si je ne suis pas un partisan du bouclier fiscal, cela représente seulement 500 millions d'euros sur les 100 milliards qu'il faudrait trouver en trois ans pour revenir à 3 % de déficit...

Faire payer les riches ? Ils sont déjà partis avec leurs fortunes, notre pays étant le dernier à pratiquer l'impôt sur l'impôt qui s'appelle ISF et qui nous coûte cher en croissance perdue.

Dans ces conditions, refuser de diminuer de façon drastique les dépenses publiques de fonctionnement est faire preuve d'une grande démagogie ou d'une grande incompétence. D'autant que dans bien des pays les sociaux-démocrates ont montré l'exemple d'une gestion moderne et défonctionnarisée des services publics.

Retraites

En 1970 il y avait 2,5 actifs pour 1 retraité, il y en a 1,5 aujourd'hui, 1,2 en 2020. Le système de solidarité par répartition, que certains économistes comparent au système Madoff (cela tient tant que les derniers acceptent de payer pour les premiers) court à une faillite certaine qui fait dire à la Cour des Comptes : « la baisse des taux de remplacement procurés par la répartition est une certitude. Rien ne l'enrayera ».

Déficit prévu en 2020 (dans 10 ans) : 50 milliards.

Là encore la réponse du PS est d'une simplicité consternante : faire payer les riches. En général il s'agit en fait des classes moyennes qui ont épargné en assurance vie ou sur certains fonds de placement et qui n'ont pas, eux, les moyens de s'expatrier.

Sécurité Sociale

La loi de financement de la Sécu prévoyait un déficit de 10,5 milliards pour 2009. Il a atteint 23,5 milliards et contrairement à la période 2004/2008 qui décrivait une trajectoire de retour à l'équilibre, la trajectoire d'aujourd'hui nous conduit vers une explosion du déficit.

Peut-on là encore se contenter de dire qu'il faut trouver des nouveaux modes de financement ?

En réalité l'heure est grave. Le rapport de Jacques Attali (pourtant ancien conseiller du Président Mitterrand) donne les prémices du scénario de science-fiction qu'avaient décrit en 2007 Philippe Jaffre et Philippe Riès dans leur livre « Le jour où la France a fait faillite ».

*****

Alors certes je ne crois pas comme d'ailleurs la plupart des observateurs sérieux :

  • que la France puisse réellement réaliser 100 milliards d'économie en 3 ans.
  • que l'allongement de la durée des cotisations retraite puisse être le seul remède au déficit du régime.
  • que le transfert vers les mutuelles ou assurances d'une part des dépenses de SS suffise a assurer la pérennité du système.

Je crois même qu'il serait nécessaire de trouver de nouvelles ressources, si par exemple un accord pouvait intervenir entre Européens et Américains sur l'instauration d'une taxe « Tobin » sur les transactions financières.

Mais je crois tout aussi nécessaire de moderniser de fond en comble la gestion de nos services publics, de fusionner les échelons administratifs redondants, de hiérarchiser les priorités de l'action publique, de responsabiliser chacun devant les quasi-certitudes qui attendent nos régimes de retraite, ou encore de mieux séparer ce qui relève de la solidarité nationale de ce qui relève de la responsabilité personnelle.

Faire croire aujourd'hui que l'heure n'est pas à la remise en question en profondeur de nos modes de gestion est encore une fois à mon sens passer complètement à coté du vent de l'histoire.

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